Les émotions, ces petites créatures qui gouvernent tout

Alors voilà, après avoir dévoré de la littérature de développement personnel comme un ogre dévorerai des paquets de chips, j’en suis arrivé à une conclusion simple : les émotions, c’est le point de départ de tout.

C’est elles qui décident, qui bougent les fils, et qui, parfois, nous font tout envoyer valser. Du coup, bin si on veut devenir un super écrivain (ou juste arrêter de s’auto-saboter),il faudra d’abord comprendre ces petites créatures.

Pourquoi Ces Livres ?

Quand j’ai décidé de me pencher sur les émotions, j’ai plongé dans des bouquins qui te bousculent et te font réfléchir.  Voici ce que j’ai déniché :

« L’Intelligence Émotionnelle » de Daniel Goleman :

Imagine-toi tout d’abord dans la tête de Riley, l’héroïne du film d’animation Vice-Versa, avec les petites créatures dans sa tête : Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût qui se battent pour le contrôle. Goleman, c’est le gars qui t’apprend à créer une nouvelle créature au coté des cinq premières, que l’on appelera ici : Raison.

Grâce à celle-ci tu pourras comprendre ces émotions qui pilotent ton vaisseau et à les influencer pour qu’elles ne conduisent pas dans un trou noir. Antonio Damasio, un génie des neurosciences dont le qui a énormément travaillé sur les émotions, confirme que nos émotions sont comme des petits signaux lumineux dans notre cerveau, qui s’allument avant même qu’on ait le temps de dire “Oups”.

« Thinking, Fast and Slow » de Daniel Kahneman :

Ici, on découvre que l’on a deux cerveaux. Non, pas comme dans un film de science-fiction. Le Système 1, notre instinct ultra rapide (le bureau des émotions dans Vice-versa) et le Système 2, notre pensée rationnelle ultra lente: (notre nouveau personnage, Raison) . Damasio explique que nos émotions réagissent en un éclair, souvent bien avant que notre cerveau rationnel ait pu dire son mot.

« Tout est Foutu » de Mark Manson :

Manson, nous montre que la souffrance est un moteur essentiel, un peu comme Tristesse dans Vice-Versa qui finit par être le héros inattendu. Eh oui ! Sans un peu de malheur, on ne se bouge pas. Comme Kahneman, il parle de deux cerveaux : le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel (pour nous le banc des émotions et Raison) .

Raison, selon lui, se contente souvent de justifier les choix émotionnels plutôt que de les contrer : tu fais une entorse à ton régime ? « Tu as passé une journée difficile et tu t’es bien privé cette semaine, fais-toi plaisir ! » ; Tu as défoncé la voiture de ton patron ? « Il l’a bien cherché, cet abruti ! »

Damasio appuie cette vision en démontrant que nos émotions influencent nos décisions bien avant que notre cerveau rationnel n’entre en jeu, ce qui explique pourquoi nous sommes souvent guidés par des justifications émotionnelles plutôt que par une logique pure.

« Vaincre Peur et Culpabilité » de Bernard Sensfelder :

Sensfelder, c’est un peu le coach qui débarque dans votre tête et dit à Peur : « Hey, calme-toi un peu, t’en fais trop ! » Si vous avez vu Vice-Versa, vous savez que Peur est ce personnage qui voit des dangers partout, genre vraiment partout, même là où il n’y a rien. Sensfelder, lui, vous file des astuces, comme l’autohypnose, pour calmer ce radar un peu trop parano et éviter de vous faire un film catastrophe à chaque embûche.

Il faut dire que la peur, c’est une vieille copine, bien câblée dans notre cerveau depuis l’époque où on devait fuir les tigres à dents de sabre. À l’époque, elle était notre meilleure alliée pour survivre. Mais aujourd’hui, Peur a tendance à réagir à des dangers imaginaires, du genre « et si mon boss détestait mon rapport ? » C’est là que Sensfelder entre en scène pour vous aider à lui dire : « Peur, détends-toi, ce n’est pas un tigre, c’est juste un email. »

Et si vous vous demandez pourquoi c’est si difficile de calmer Peur, Antonio Damasio a une réponse. Ses recherches montrent que nos réactions émotionnelles sont profondément enracinées dans notre biologie. Autrement dit, Peur est toujours là pour nous protéger, mais elle ne sait pas toujours faire la différence entre un vrai danger et une alarme qui se déclenche pour rien. C’est donc à nous de reprendre le contrôle et de recalibrer notre radar émotionnel.

« The Book of Human Emotions » de Tiffany Watt Smith

Ce livre, c’est le Larousse des émotions. Imaginez que chaque émotion dans Vice-Versa ait sa propre histoire et sa propre page Wikipedia.

Vous y trouvez des pépites comme l’alexithymie, cette étrange incapacité à identifier ou à exprimer ses propres émotions. C’est un peu comme quand Riley se sent totalement perdue face aux changements dans sa vie, au point qu’elle ne sait même plus comment se sentir.

Chaque émotion a une histoire, et comprendre ça, c’est comprendre un peu plus qui on est. Damasio explique que ces émotions, même celles qu’on a du mal à cerner, sont comme des guides intérieurs qui bossent dans l’ombre. Elles ne se contentent pas de nous embrouiller, elles façonnent littéralement notre vision du monde, et c’est bien plus profond que ce qu’on croit. Bref, les émotions, c’est du sérieux, même si parfois on a juste envie de leur dire de se calmer un peu.

Passer des Mots à l’Action

Bon, soyons francs, la seule vraie action concrète pour commencer, c’est de porter attention à ses émotions. Daniel Goleman appelle ça la  » conscience de soi « . En gros, c’est le fait de prendre conscience de ce que l’on ressent, quand on le ressent, et pourquoi on le ressent.C’est le premier pas pour mieux gérer ses émotions et, en prime, pour enrichir son écriture.

Alors, pour notre exercice d’écriture, on va se concentrer sur le repérage de nos émotions au quotidien et on finira par l’écriture d’un court paragraphe. Parce que, oui, avant de pouvoir écrire des chefs-d’œuvre, il faut d’abord savoir ce qu’on ressent et le faire ressentir à ses lecteurs. Allez, c’est parti !

Savoir bien écrire, c’est s’adresser aux deux cerveaux – Jean-Baptiste Donguy

L’Exercice d’Écriture : 7 Jours pour s’approprier ses Émotions

Avant de se lancer, parlons rapidement des objectifs SMART. Créé par George T. Doran en 1981, SMART veut dire Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, et Temporellement défini. C’est un moyen de se fixer des objectifs clairs pour éviter de se perdre en route.

Pour cet exercice, on va suivre ce plan.

Jour 1

Note chaque émotion qui traverse ton esprit. Prends de quoi écrire et, toute la journée, note le nom de l’émotion que tu ressens et l’heure à laquelle elle débarque. C’est tout. Pour le moment. Si jamais tu n’y penses pas, note simplement ce que tu ressens toutes les heures.

Tu n’as pas le temps de te plonger dans la psychologie profonde ? Pas de souci ! Contente-toi des classiques : colère, peur, surprise, dégoût, tristesse, et joie. Si tu te sens d’humeur à creuser un peu plus, fais un tour sur cette page Wikipédia pour découvrir d’autres émotions, souvent des dérivés des émotions primaires : Catégorie : Émotion

Mais l’idéal serait de lire « The Book of Human Emotions » (Le dictionnaire des émotions) de Tiffany Watt Smith et d’avoir une expérience émotionnelle plus complète qui te donnera l’impression d’être un pro des émotions en un rien de temps.

Jour 2

On va monter d’un tout petit cran. Continue à noter le nom de tes émotions et l’heure à laquelle elles pointent le bout de leur nez. Mais cette fois, on va rajouter un peu de fun. Pour chaque émotion, ajoute :

  1. Les trois premières couleurs que tu vois autour de toi.
  2. Le temps qu’il fait.
  3. Trois mots du champ lexical de l’émotion en question.

Exemple : Disons que tu ressens de la tristesse à 8h00. Voici ce que tu fais :

  • Tu notes « Tristesse, 8h00 ».
  • Tu regardes autour de toi et tu notes les trois premières couleurs que tu vois : gris, bleu pâle, noir.
  • Tu regardes par la fenêtre pour voir le temps qu’il fait : pluie.
  • Puis, tu ajoutes trois mots du champ lexical de la tristesse : larmes, solitude, mélancolie.

Attention, si tu ressens de la tristesse plusieurs fois dans la journée, tu dois trouver trois nouveaux mots du champ lexical pour chaque occurrence (par exemple : abandon, chagrin, désespoir). Pour les couleurs et la météo, pas de souci, tu peux répéter.

Et pour bien organiser tout ça, l’idéal serait de noter le tout dans un tableau. 

Jour 3

Bon, maintenant que tu es déjà un pro pour repérer tes émotions, on va encore pimenter un peu plus l’exercice. Continue comme tu l’as fait pour les Jours 1 et 2, mais cette fois, on va ajouter quelques éléments sensoriels.

Exemple : Toujours la tristesse à 8h00. Voici ce que tu fais :

  • Note l’émotion et l’heure : « Tristesse, 8h00 ».
  • Regarde autour de toi et ajoute les trois premières couleurs que tu vois : gris, bleu pâle, noir.
  • Vérifie le temps qu’il fait : pluie.
  • Écoute attentivement et note trois sons que tu entends (s’il n’y en a qu’un, note-le simplement) : clapotis de la pluie, bruit de fond de la radio, silence.
  • S’il y a une odeur particulière, note-la : café froid.
  • Ressens la température : fraîcheur sur la peau.
  • Fais un check-up corporel rapide : ressens-tu des douleurs, des lourdeurs, ou de la légèreté quelque part ? Note ce que tu ressens, par exemple : poitrine lourde, nœud dans l’estomac.

C’est tout simple, mais ça te permet d’associer ton état émotionnel à ce que tu ressens physiquement et sensoriellement. N’oublie pas de tout consigner dans ton tableau pour y voir plus clair à la fin de la journée.

Jour 4

On passe à la vitesse supérieure. Continue à remplir ton tableau avec tout ce que tu as noté les jours précédents, mais cette fois, on va y ajouter un nouvel ingrédient : les pensées qui traversent ton esprit au moment où l’émotion débarque.

Exemple : Disons que tu ressens de la tristesse à 8h00. Voici ce que ça pourrait donner :

  • Note l’émotion et l’heure : « Tristesse, 8h00 ».
  • Ajoute les trois premières couleurs que tu vois : gris, bleu pâle, noir.
  • Vérifie le temps : pluie.
  • Écoute trois sons autour de toi : clapotis de la pluie, bruit de fond de la radio, silence.
  • Note l’odeur s’il y en a une : café froid.
  • Ressens la température : fraîcheur sur la peau.
  • Check-up corporel : poitrine lourde, nœud dans l’estomac.
  • Et enfin, ajoute les pensées qui te traversent l’esprit : « Pourquoi tout semble si compliqué aujourd’hui ? », « Je n’ai pas envie de sortir du lit », « Est-ce que ça ira mieux demain ? ».

Tu commences à comprendre, c’est un peu comme si tu mettais à jour ton tableau de bord émotionnel avec des infos supplémentaires. Plus tu ajoutes de détails, plus tu comprends ce qui se passe vraiment dans ta tête. En notant tes pensées, tu pourras commencer à voir les schémas qui se répètent et peut-être même découvrir des trucs sur toi-même que tu n’avais jamais remarqués !

Jour 5

On ajoute une dernière couche à ton tableau de maître : les actions que tu fais au moment où l’émotion se pointe. Parce que, oui, nos émotions influencent nos comportements, et c’est le moment de voir comment.

Exemple : Disons que tu ressens de la tristesse à 8h00. Voici à quoi pourrait ressembler ta note :

  • Émotion et heure : « Tristesse, 8h00 ».
  • Couleurs : gris, bleu pâle, noir.
  • Temps : pluie.
  • Sons : clapotis de la pluie, bruit de fond de la radio, silence.
  • Odeur : café froid.
  • Température : fraîcheur sur la peau.
  • Check-up corporel : poitrine lourde, nœud dans l’estomac.
  • Pensées : « Pourquoi tout semble si compliqué aujourd’hui ? », « Je n’ai pas envie de sortir du lit », « Est-ce que ça ira mieux demain ? ».
  • Actions : « Je reste sous la couette », « Je traîne sur mon téléphone », « Je zappe le petit-déjeuner ».

En gros, tu vas noter ce que tu fais concrètement quand cette émotion arrive. Est-ce que tu te mets à faire quelque chose de particulier ? Est-ce que tu procrastines, tu manges un truc, tu te perds dans un défilement sans fin sur ton téléphone ? C’est comme ajouter les pièces manquantes du puzzle pour voir comment tes émotions influencent directement tes actions. Et alerte spoiler : tu vas peut-être découvrir que certaines de tes habitudes sont plus liées à tes émotions que tu ne le pensais !

Jour 6

La dernière pièce du puzzle : les nouvelles émotions qui surgissent après avoir agi. Parce que, oui, nos actions peuvent déclencher une toute nouvelle vague d’émotions, et c’est fascinant de voir comment ça se passe.

Exemple : Disons que tu ressens de la tristesse à 8h00. Voici à quoi pourrait ressembler ta note :

  • Émotion et heure : « Tristesse, 8h00 ».
  • Couleurs : gris, bleu pâle, noir.
  • Temps : pluie.
  • Sons : clapotis de la pluie, bruit de fond de la radio, silence.
  • Odeur : café froid.
  • Température : fraîcheur sur la peau.
  • Check-up corporel : poitrine lourde, nœud dans l’estomac.
  • Pensées : « Pourquoi tout semble si compliqué aujourd’hui ? », « Je n’ai pas envie de sortir du lit », « Est-ce que ça ira mieux demain ? ».
  • Actions : « Je reste sous la couette », « Je traîne sur mon téléphone », « Je zappe le petit-déjeuner ».
  • Nouvelles émotions : « Culpabilité pour avoir zappé le petit-déjeuner », « Léger soulagement de rester sous la couette », « Anxiété à cause du temps perdu ».

Ce que tu fais ici, c’est prendre du recul pour voir comment une émotion peut en entraîner une autre. Par exemple, après être resté sous la couette, peut-être que tu te sens coupable de ne pas avoir attaqué ta journée, ou peut-être que tu ressens un peu de soulagement. Le but, c’est de capturer ces nouvelles émotions pour comprendre les boucles dans lesquelles tu te retrouves parfois coincé. C’est comme découvrir les bonus cachés dans un jeu vidéo : tu vas mieux comprendre comment tes émotions s’enchaînent et s’influencent les unes les autres.

Jour 7

C’est le moment tant attendu, celui où tu vas transformer toutes tes notes en un petit chef-d’œuvre littéraire. On va rédiger un paragraphe intitulé : « Le moment où j’ai fait cette action ». Pour ce faire, tu vas t’appuyer sur tous les tableaux émotionnels que tu as remplis les jours précédents. L’idée, c’est de décrire ce que tu as ressenti lorsque tu as fait une action associée à une émotion.

Exemple : Imaginons que ton émotion de 8h00 était la tristesse, et que, tu as décidé de zapper ton petit-déjeuner. Voilà ce que ça pourrait donner :

Titre : « Le moment où j’ai zappé mon petit-déjeuner »

Paragraphe :
Il est 8h00 et, franchement, j’ai la tristesse qui me colle aux baskets comme un chewing-gum sous une semelle. Le ciel est gris, mon moral aussi, et l’odeur du café froid traîne dans l’air comme une promesse non tenue. La pluie tambourine contre la fenêtre, et je peux presque sentir la fraîcheur de l’air qui s’infiltre, me donnant un petit frisson désagréable. J’ai un nœud dans l’estomac qui me dit de ne pas bouger, alors je reste là, sous ma couette, à regarder le plafond. J’ai zappé le petit-déjeuner, pensant que ça allait me faire du bien. Mais non. La culpabilité m’attrape au vol, et une angoisse sourde commence à pointer le bout de son nez. C’est fou comme un simple matin peut se transformer en mini drame avec juste un peu de froid et un poids sur la poitrine.

Alors, voilà l’objectif : capturer exactement ce que tu as ressenti à cet instant précis, en utilisant toutes les infos que tu as récoltées cette semaine : les couleurs, les sons, les odeurs, la température, les pensées, et les actions. C’est un peu comme une synthèse de ton aventure émotionnelle. Mais ce n’est pas juste pour mieux comprendre l’impact de tes émotions sur tes décisions. C’est aussi pour t’entraîner à créer des descriptions plus émotionnelles et poignantes pour tes futurs romans ou poèmes. Bref, un double coup gagnant : tu bosses sur toi-même et tu améliores ton écriture. Pas mal, non ?

Conclusion : Et Maintenant ?

Bravo, tu viens de faire un sacré chemin avec tes émotions ! Ce n’est que le début, mais tu as déjà mis le pied à l’étrier. Tu commences à prendre conscience de toi et à utiliser cette conscience pour enrichir ton écriture ! Refaits cet exercice autant de fois que tu veux. Tu te sens pressé ? Reprends directement aux jours 6 et 7 pour aller à l’essentiel. Pas super motivé aujourd’hui ? Recommence depuis le début, ça ne peut que t’aider.

Dans Vice-Versa, il y a toujours une émotion parmi les cinq qui semble prendre les commandes. Alors, amuse-toi à compter les émotions qui reviennent le plus souvent pour découvrir celle qui dirige le show chez toi. Et la semaine prochaine, on continue à creuser, mais cette fois-ci, on va s’intéresser à la « maîtrise de soi », la deuxième composante du livre de Daniel Goleman. Ne rate pas le rendez-vous !

Ensemble, écrivons les chapitres de nos vies, texte après texte, mot après mot.

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