Quand avoir raison devient un sport

Combien de fois t’es-tu retrouvé à camper sur tes positions, à défendre bec et ongles une idée ou une opinion, même quand une petite voix au fond de toi te disait : « T’es sûr de ton coup, là ? » Spoiler alert : on l’a tous fait. Que ce soit lors d’un débat avec des amis, une dispute avec ton partenaire, ou même sur des sujets aussi anodins que la meilleure manière de cuire des pâtes. Parce qu’avouer qu’on pourrait avoir tort, c’est comme déclarer forfait. Et on déteste ça.

Ce besoin irrépressible d’avoir raison est partout. On veut prouver qu’on sait mieux, qu’on a la vérité absolue, et même que notre série Netflix préférée est objectivement meilleure que celle de l’autre. Mais pourquoi ? Pourquoi ce besoin ? Parce que l’incertitude nous terrifie. Et cette terreur est profondément ancrée dans notre cerveau. Elle nourrit nos disputes, nos frustrations, et – soyons honnêtes – nos pires moments d’arrogance.

Le problème ? Ton cerveau est une machine à te convaincre que tu es infaillible. Et ça ne s’arrête pas là. Lorsqu’on fait des recherches, on cherche des infos qui confirment nos croyances, pas celles qui les challengent. Tu te retrouves dans un cercle vicieux où tu crois de plus en plus dur comme fer à des choses… qui pourraient être complètement fausses.

Et voilà comment les disputes éclatent, les relations s’effilochent, et les conflits globaux émergent. Car tout le monde est persuadé d’être dans le vrai. Mais si je te disais que personne n’a jamais complètement raison ? Que la vérité est subjective, biaisée et manipulable ? Et que ce besoin de tout contrôler ne fait qu’amplifier l’anxiété et la frustration dans ta vie ?


Réveille-toi : Tu es un vrai miracle de la nature de Gary John Bishop

Gary John Bishop, dans son livre, t’offre une leçon brutale mais nécessaire : accepte que ton cerveau te trompe et que l’incertitude est une partie normale de la vie. Selon lui, le besoin de certitude est un poids inutile que l’on traîne. Pire encore, il alimente le stress, les conflits et cette quête incessante de validation.

Il t’explique que ton cerveau est à la fois ton meilleur allié et ton pire ennemi. Il te raconte comment il passe son temps à fabriquer des histoires, des justifications, et des excuses. Tout ça pour te maintenir dans une zone de confort qui, soyons honnêtes, n’est confortable que parce qu’elle est familière. Ce que tu crois être la réalité est en fait un film monté par ton cerveau à partir de tes expériences, de tes émotions, et surtout de tes biais cognitifs. Résultat ? Tu finis par croire que ta vision des choses est la vérité. Sauf que ce n’est qu’une version parmi des millions d’autres possibles.

Bishop nous met face à un fait troublant : la plupart de nos certitudes sont des illusionsLe contrôle absolu n’existe pas, et nos tentatives désespérées pour tout organiser sont souvent motivées par des blessures profondes. Par exemple, la blessure liée au masque rigide peut te pousser à vouloir que tout soit parfait, aligné avec tes attentes. Ou encore, la blessure du rejet, qui te pousse à tout anticiper pour éviter d’être mal vu ou abandonné.

Et ce besoin de contrôle ne concerne pas seulement les grandes décisions de vie. Il s’infiltre dans nos habitudes quotidiennes : vouloir que les enfants obéissent parfaitement, que le travail soit fait à notre manière, ou que notre partenaire devine ce que l’on attend sans qu’on ait besoin de le dire. Bishop te propose un changement de paradigme radical : lâcher prise. Non pas pour tout abandonner, mais pour arrêter de te battre contre l’imprévisible.


Pourquoi on ne peut pas faire confiance à notre cerveau

Ton cerveau, ce grand illusionniste

Crois-tu que ton cerveau est une machine de précision, capable d’analyser les faits avec objectivité ? Eh bien, détrompe-toi. Il est plus doué pour te tromper que pour te guider. Ton cerveau fonctionne comme le téléphone arabe : à chaque étape, il déforme les informations qu’il reçoit. Un souvenir vécu hier peut déjà être modifié aujourd’hui. Alors imagine ce que ça donne avec des souvenirs d’il y a dix ans. La réalité que tu crois détenir est souvent une version remixée, réarrangée pour coller à ce que tu veux croire.

L’expérience des boutons à actionner

Dans le livre de Mark Manson, L’art subtil de s’en foutre, est présenté un exemple ou des psychologues ont mené une expérience pour démontrer à quel point notre cerveau peut se raconter des histoires. Des participants ont été invités dans une pièce avec des boutons et une lumière. Leur mission ? Trouver comment allumer la lumière. Sauf que, plot twist : les boutons ne faisaient rien, les lumières s’allumaient tout simplement aléatoirement. Mais les participants, convaincus d’avoir découvert des séquences magiques, inventaient des explications complètement fausses. Cette expérience prouve que notre cerveau préfère inventer du sens là où il n’y en a pas, juste pour calmer notre peur de l’inconnu.

Le cerveau émotionnel contre le cerveau rationnel

Comme on l’a déjà vu dans l’exercice d’écriture n°1, le cerveau n’est pas un être unique. Il est divisé en deux : le cerveau émotionnel, rapide et instinctif, et le cerveau rationnel, plus lent et analytique. Le problème, c’est que le rationnel ne fait pas toujours son job. Au lieu de contrer les décisions émotionnelles, il les justifie. Tu craques pour un achat impulsif ? Ton cerveau rationnel te dira que c’était un investissement utile. Une dispute éclate ? Il trouvera mille excuses pour prouver que tu avais raison. Résultat : tu restes enfermé dans tes certitudes, incapable de voir les choses autrement.

L’expérience du gorille invisible

Et si je te disais que tu peux totalement ignorer un gorille qui danse sous ton nez ? C’est ce que montre une célèbre expérience. On demande aux participants de compter les passes entre joueurs de basket dans une vidéo. Pendant ce temps, un homme déguisé en gorille traverse la scène. La plupart des gens ne le voient pas, trop concentrés sur leur tâche. Ton cerveau est un maître de l’attention sélective. Il choisit ce qu’il veut voir et ignore le reste, même l’évidence.

Cultiver l’incertitude : Pourquoi c’est essentiel

Bishop le répète : l’incertitude est un cadeau et la certitude est un piège.  L’incertitude te poussera à remettre en question tes croyances, à explorer d’autres perspectives, et à grandir. Ça peut être inconfortable, oui. Mais c’est dans cet inconfort que réside la vraie transformation. Et si tu veux vraiment évoluer, il va falloir lâcher prise et faire la paix avec l’idée que tu n’as pas toutes les réponses. En gros, il est temps de te dire : « Et si j’avais tort ? »


Maintenant que tu sais à quel point ton cerveau peut être un petit malin, il est temps de lui jouer un tour. Comment ? En questionnant tes certitudes. Parce qu’au fond, tes certitudes sont souvent le reflet de tes biais, de tes blessures, et de ta peur de l’incertitude. Et si tu avais tort ? Et si lâcher prise sur le besoin de tout contrôler était, au final, la meilleure chose qui puisse t’arriver ? Prépare de quoi écrire !

L’exercice d’écriture : Questionner ses certitudes

Objectif : Remettre en question ses croyances et développer une pensée plus flexible. ( Inspiré de Réveilles-toi, Tu es un vrai miracle de la nature de Gary John Bishop et de L’art subtil de s’en foutre de Mark Manson )


1. Jours 1 à 3 : Identifier tes certitudes

Pendant trois jours, note sur un carnet, dans ton journal ou ton application de notes préférée, toutes les situations où tu es certain d’avoir raison. Cela peut être une conversation où tu défends un point de vue, un jugement sur une situation ou une conviction sur comment les choses devraient être. Ne juge pas ce que tu écris, contente-toi de lister.

Exemple de tableau :

SituationCertitude exprimée
Discussion avec un collègueMon collègue est inefficace
Conversation avec mon partenaireMon partenaire ne m’écoute jamais
Lecture d’un article sur les réseauxCette information est forcément vraie
Observation d’un voisin qui jardine malJe sais mieux comment tailler les arbustes

2. Jours 4 à 5 : Explorer l’alternative

Reprends ta liste et transforme-la en tableau. Ajoute deux colonnes pour examiner tes certitudes.
Pose-toi les questions suivantes :

  • Qu’est-ce que ça voudrait dire si j’avais tort ?
  • Quels autres points de vue pourraient exister ?

Exemple de tableau :

SituationCertitude expriméeQu’est-ce que ça voudrait dire si j’avais tort ?Quels autres points de vue pourraient exister ?
Discussion avec un collègueMon collègue est inefficacePeut-être qu’il a d’autres compétences non visibles dans cette situation.Il était stressé ou mal informé.
Conversation avec mon partenaireMon partenaire ne m’écoute jamaisPeut-être qu’il était préoccupé par ses propres pensées.Il a parfois des comportements attentifs que je ne remarque pas.
Lecture d’un article sur les réseauxCette information est forcément vraiePeut-être que l’article est biaisé ou basé sur des sources incorrectes.Des perspectives alternatives existent sur ce sujet.
Observation d’un voisin qui jardine malJe sais mieux comment tailler les arbustesPeut-être qu’il suit des méthodes différentes mais tout aussi valables.Il a peut-être appris une technique particulière adaptée à ses besoins.

3. Jours 6 à 7 : Évaluer l’impact de l’erreur

Ajoute une troisième colonne ou crée un nouveau tableau pour analyser l’impact potentiel de tes erreurs.
Pose-toi la question :

  • Le fait d’avoir tort créerait-il un problème meilleur ou pire que mon problème actuel, pour moi et les autres ?

Exemple de tableau :

SituationCertitude expriméeImpact si j’ai tort (positif ou négatif)
Discussion avec un collègueMon collègue est inefficacePositif : Me permettre de mieux collaborer avec lui, réduire les tensions. Négatif : Reconnaître que j’ai été injuste dans mon jugement.
Conversation avec mon partenaireMon partenaire ne m’écoute jamaisPositif : Renforcer notre complicité et mieux exprimer mes besoins.  Négatif :Admettre que je projette mes insécurités sur lui.
Lecture d’un article sur les réseauxCette information est forcément vraiePositif : M’ouvrir à des perspectives différentes et éviter de propager de fausses informations.  Négatif : Douter davantage de mes sources d’information.
Observation d’un voisin qui jardine malJe sais mieux comment tailler les arbustesPositif : Apprendre une nouvelle méthode et améliorer mes propres pratiques. Négatif : Me rendre compte que mes compétences ne sont pas universelles.

4. Intégrer l’incertitude dans ton quotidien

Pour chaque réflexion, termine par une phrase d’intention que tu pourras utiliser comme un mantra. Cette intention doit t’aider à cultiver l’incertitude et à accepter que tu n’as pas toujours raison.

Exemple de tableau des intentions :

SituationIntention formulée
Discussion avec un collègue« Je choisis de rester curieux et ouvert aux compétences des autres que je ne vois pas encore. »
Conversation avec mon partenaire« Je m’engage à mieux comprendre les besoins de ma/mon partenaire et à exprimer les miens sans jugement. »
Lecture d’un article sur les réseaux« Je décide de vérifier les informations avant de les considérer comme vraies. »
Observation d’un voisin qui jardine mal« Je choisis d’apprendre des méthodes plutôt que de juger rapidement. »

Pourquoi cet exercice est essentiel

En utilisant ces tableaux et en suivant ces étapes, tu développes une pensée plus flexible et enrichis ta capacité à naviguer dans l’incertitude. Tu diminues les conflits inutiles et renforces tes relations en cultivant la curiosité et l’ouverture d’esprit. Partage tes réflexions dans les commentaires : quelles certitudes as-tu réussi à remettre en question ?


Conclusion : Lâcher prise et embrasser l’incertitude

Cet exercice n’a pas pour but de te prouver que tu as tort sur tout. Il est là pour t’aider à ouvrir les yeux, à sortir des sentiers battus de tes croyances, et à embrasser la vie avec un peu plus de flexibilité. Parce qu’au fond, l’incertitude est un cadeau. Elle te pousse à explorer, à évoluer, et à t’épanouir. Alors, prêt à te libérer de tes certitudes ?

Ensemble, écrivons les chapitres de nos vies, texte après texte, mot après mot.

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