Commençons par être honnêtes. Toi comme moi on sait qu’on est bien trop confortable dans notre petit cocon quotidien. Notre canapé est probablement plus sollicité que notre volonté, et notre routine est un doux mélange de tranquillité et de procrastination bien rodée. Mais voilà, comme moi, au fond de toi, tu ressens ce petit malaise, cette insatisfaction constante qui te murmure à l’oreille : « Sérieusement ? C’est ça, ta vie ? »

Alors pourquoi ça bloque ? Pourquoi rester coincé dans cette boucle infernale de Netflixscrolling Instagram, et to-do lists jamais complétées ? Tout simplement parce que sortir de cette zone de confort implique une chose effrayante : souffrir. Oui, c’est ça, on va parler de souffrance. Pas la grande tragédie dramatique, mais cette petite résistance intérieure qui te pousse à repousser ce que tu sais devoir affronter.

Tu te dis peut-être : « Mais pourquoi choisir de souffrir ? La vie n’est-elle pas censée être agréable ? » Spoiler alert : non. Et c’est exactement ce que Mark Manson explique dans L’Art subtil de s’en foutre. La clé n’est pas d’éviter la souffrance, mais de choisir la bonne souffrance, celle qui t’apportera un sens, une évolution, et – soyons optimistes – un vrai sentiment de satisfaction.


L’Art subtil de s’en foutre : Ce que Mark Manson nous apprend sur la souffrance et la zone de confort

La souffrance est inévitable (et utile)

Mark Manson introduit sa réflexion sur la souffrance en nous confrontant à une vérité universelle que peu de gens veulent entendre : la vie est pleine de souffrance, et c’est normal. Et pour appuyer cette idée, il fait appel à une figure mythique et spirituelle que tout le monde connaît : Bouddha. Mais avant de devenir Bouddha, il était Siddhartha Gautama, un jeune prince vivant dans un luxe inimaginable.

Siddhartha avait tout : des banquets somptueux chaque soir, des serviteurs prêts à satisfaire ses moindres caprices, des jardins paisibles, et une sécurité absolue offerte par son statut royal. Ses parents, désireux de le protéger du moindre désagrément, avaient soigneusement veillé à ce qu’il ne soit jamais exposé à la souffrance. Pas de maladies, pas de vieillesse, pas de pauvreté à ses yeux – juste une vie de confort et de plaisir. Et pourtant, malgré tout cet opulence, Siddhartha ressentait un vide inexplicable. Ce bonheur qu’il était censé atteindre en vivant dans cet environnement idyllique ? Il ne le trouvait pas.

Un jour, poussé par une curiosité irrépressible, il quitta les murs dorés de son palais pour explorer le monde extérieur. Ce qu’il y découvrit le bouleversa : il vit pour la première fois un vieil homme, un malade et un cadavre. Ces visions furent un choc, car elles lui révélèrent les réalités universelles de la condition humaine : la vieillesse, la maladie et la mort. Confronté à ces vérités, il comprit que tout ce qu’il possédait ne pouvait pas le protéger de l’inévitable souffrance de la vie.

Troublé, Siddhartha abandonna alors sa vie royale et choisit un chemin radicalement opposé : celui de la privation totale. Il devint ascète, renonça à toutes possessions matérielles et chercha à transcender la souffrance en se privant même des besoins les plus basiques, comme la nourriture ou le sommeil. Mais après des années de ce mode de vie extrême, il réalisa que cette voie n’était pas non plus la réponse. Se priver de tout le plaisir et refuser tout confort n’éliminait pas la souffrance – cela la transformait simplement en une autre forme.

C’est alors que Siddhartha trouva le chemin du milieu : un équilibre entre ces deux extrêmes, ni l’indulgence excessive ni l’austérité rigoureuse. En méditant sous l’arbre de la Bodhi, il atteignit l’éveil spirituel, comprenant que la souffrance est une partie normale et inévitable de la vie, mais qu’elle peut être transcendée en l’acceptant et en modifiant notre relation avec elle.

Mark Manson utilise cette histoire pour rappeler que la quête d’une vie sans souffrance est une illusion. Siddhartha avait tout – le luxe, la sécurité, le confort – et il était toujours insatisfait. Même en renonçant à tout, il n’avait pas trouvé le bonheur.

Le bonheur, selon Bouddha, n’est pas l’absence de souffrance. Il vient de la capacité à l’accepter, à lui donner un sens, et à vivre avec elle.

L’auteur de « L’art subtile de s’en foutre » pousse cette idée un peu plus loin : essayer d’échapper à la souffrance ( voir la blessure du rejet) ou de tout contrôler ne te rendra pas plus heureux. Ça te rend juste plus frustré.

Exemple concret : imagine que tu passes tes journées à chercher la « maison parfaite » sur Pinterest. Tu trouves des inspirations, tu fais des listes, mais au final, tout ce processus te stresse plus qu’il ne te rend heureux. Pourquoi ? Parce que tu es focalisé sur le résultat, pas sur le processus. Tu veux éviter la souffrance d’une vraie réflexion, celle qui te pousserait à demander : « Pourquoi ai-je vraiment envie de cette maison ? »

Souhaite-toi de « bons problèmes »

Mark Manson a une vision radicale : la souffrance a une fonction biologique. C’est elle qui nous pousse à bouger, à créer, à innover et à sortir de notre zone de confort. Pas de souffrance, pas de progrès. Voilà pourquoi il te conseille de te souhaiter une vie pleine de « bons problèmes ». Autrement dit, des défis qui en valent la peine. La question n’est donc pas : « Comment puis-je éviter la souffrance ? » mais plutôt : « Quelle souffrance suis-je prêt à endurer ? »

Prenons un exemple concret. Si tu rêves de te mettre au sport mais que tu as horreur de transpirer, demande-toi : « Pour quoi suis-je prêt à transpirer ? » Est-ce pour courir un marathon ? Être en meilleure santé ? Impressionner ton crush au bureau ? Une fois que tu sais pourquoi tu souffres, tu peux commencer à apprécier le processus.

Résoudre des problèmes rend heureux

La vraie satisfaction, selon Mark Manson, vient du fait de résoudre des problèmes. C’est cette idée que le bonheur est une activité, pas un objectif : un chemin et pas une destination. Mais attention, résoudre des problèmes ne signifie pas fuir les vrais combats. Beaucoup de gens tombent dans deux pièges :

  1. Le déni des problèmes : Faire semblant que tout va bien alors qu’à l’intérieur, c’est le chaos. Exemple : « Tout va bien dans mon couple », alors que tu communiques uniquement par post-it sur le frigo.
  2. La mentalité de victime : Croire que tes problèmes sont insurmontables parce que le monde entier est contre toi. Genre, « Si je n’ai pas eu cette promotion, c’est parce que mon boss est un idiot. »

Manson te pousse à prendre tes responsabilités : identifie tes problèmes et accepte de les affronter. Parce qu’en réalité, c’est en résolvant des problèmes que tu avances dans la vie.

Choisis tes combats

Voici une question brutale mais nécessaire : pour quoi es-tu prêt à souffrir ? Manson utilise l’exemple de son propre rêve de devenir une rock star. Il adorait imaginer la gloire, les fans, les concerts… mais détestait l’idée de passer des heures à répéter ou à vivre dans une camionnette pendant les tournées. Résultat ? Ce n’était pas un vrai rêve, juste une fantaisie.

Pose-toi cette question : Quels efforts es-tu prêt à fournir pour obtenir ce que tu veux vraiment ? Si tu veux être écrivain, es-tu prêt à endurer les soirées solitaires à écrire au lieu de sortir avec des amis ? Si tu veux changer de carrière, es-tu prêt à retourner à l’école ou à accepter un salaire plus bas temporairement ?



Maintenant que tu as plongé dans la vision de la souffrance de Mark Manson, il est temps de passer à la pratique. Prépare ton carnet et ton stylo (ou ton clavier), car on va se lancer dans un exercice d’écriture introspectif qui va te permettre de donner du sens à ta vie et à ton écriture. Prêt à mettre tout ça en action ? C’est parti !

Exercice d’écriture : Pour quoi es-tu prêt à souffrir ?

Objectif : Identifier la souffrance qui en vaut la peine

Dans cet exercice, tu vas réfléchir à ta propre zone de confort, à ce qu’elle te coûte et à ce qu’elle pourrait t’apporter si tu osais en sortir. Mais pas pour n’importe quelle raison. Tu vas choisir la souffrance qui te nourrira, celle qui te fera évoluer.

Action :

  1. Liste tes zones de confort : Qu’est-ce que tu fais pour éviter l’inconfort ou la souffrance ? Par exemple : rester dans un job que tu détestes mais qui paye bien ; éviter les disputes pour « garder la paix »; jouer sur ton téléphone au lieu d’écrire ton roman; fumer plus qu’un barbecue un dimanche après midi.
  2. Liste tes désirs, objectifs ou rêves : Tu veux être plus musclés ? Être moins fatigué ? Passer du temps de qualité avec ta famille ? Gagner ta vie grâce à l’écriture ?
  3. Relie tes désirs/objectis avec tes zones de confort: Dans quels zones de confort te trouves-tu pour tel ou tel rêve ? Remarques, tu peux être dans plusieurs zones de conforts différentes pour un même rêve.
Être plus musclé 
  fumer 
                             jouer sur son téléphone dans son canapé 
                             manger de la malbouffe
Être moins fatigué
                             fumer 
                             jouer sur son téléphone dans son canapé 
                             manger de la malbouffe
                             regarder Netflix jusqu'à pas d'heure
Gagner ta vie grâce à l'écriture
                             jouer sur son téléphone dans son canapé 
                             regarder Netflix jusqu'à pas d'heure
Passer du temps de qualité avec sa famille
                             fumer 
                             jouer sur son téléphone dans son canapé 
                             ne pas chercher des idées d'activités ou de sorties

4. Pose-toi les bonnes questions : Pour chaque zone de confort, demande-toi :

  • Qu’est-ce que j’évite en restant ici ?
  • Quelle souffrance vais-je devoir affronter si j’en sors ?
  • Est-ce que cette souffrance a un sens pour moi ?
Jouer sur son téléphone
                Qu’est-ce que j’évite en restant ici ?
                                    a. Écrire
                                    b. Passer du temps de qualité avec ma famille
                                    c. Être plus musclé 
               Quelle souffrance vais-je devoir affronter si j’en sors ?
                                    a. Être seul avec mes pensées pour écrire
                                    a. Soumettre mon écriture au regard des gens
                                    b. Chercher des idées de sorties ou d'activités
                                    c. Faire des efforts physiques
              Est-ce que cette souffrance a un sens pour moi ?
                                    a. Oui je veux devenir écrivain
                                    b. Oui le temps passé avec ma famille est important pour moi, je veux pouvoir       casser la routine et créer des moments inoubliables
                                    c. Souffrir et faire des efforts physiques pour être plus musclé ne m'apportera pas grand-chose, le fait de me sentir attirant n'est pas important par rapport au reste. Par contre, faire des efforts physiques pour retrouver la forme, me sentir moins fatigué et profiter des autres moments me semble important. Faire un sport de combat pour apprendre à me défendre et défendre mes proches également. 
                                                                    

5. Écris sur la souffrance que tu choisis : Choisis une zone de confort à dépasser. Écris une page sur ce que cette souffrance pourrait t’apporter à long terme. Imagine que tu as réussi. Qu’est-ce qui change dans ta vie ? Partage tes réflexions dans les commentaires : pour quoi es-tu prêt à souffrir ?


Pourquoi attendre ?

Rester dans ta zone de confort, c’est comme rester dans une pièce surchauffée : agréable au début, mais étouffante à long terme. La clé, c’est de choisir les bonnes souffrances. Celles qui te feront grandir, qui donneront du sens à ta vie.

Alors, la question est simple : pour quoi es-tu prêt à sortir de ta zone de confort ?

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